Chapitre I : Laïsse et ses tribulations romantiques

Publié le par regimesettartines.over-blog.net

Mon prénom est Laïsse, 27 ans et autant de poussières accumulées sous le tapis violet de ma chambre. Je suis stagiaire dans une structure culturelle. C’est pas dans ce job que je m’épanouie le plus. Pas non plus grâce à mon entourage familial. Ma mère m’a toujours répété de ne pas avoir d’enfant, ce qu’elle a très bien fait après ma naissance. Et par là, elle ma gentiment fais comprendre qu’elle regrettait amèrement ma conception. Mon père s’est séparé assez vite de maman pour épouser en seconde noce une fille d’un célèbre cabaret parisien. Papa est à présent célibataire et totalement ruiné. Il a reporté tout son amour sur ses chats. Il ne me déteste pas mais ne porte pas d’importance à ma vie. Le peu d’équilibre que j’ai tiré de mes premières années, je les dois à ma tante. Je n’ai pas d’autre famille que la sœur de mon père. A la différence de mes parents, elle avait une vie calme. Je les toujours connue célibataire dans un minuscule appartement en ville. Chez elle, je dormais dans une chambre propre sans poils d’animaux, ni amant cherchant la sortie au petit matin. Papa avait réussi à garder de l’héritage de grand-père un cabanon en Provence. Le bordel était permanent car papa adorait outre les félins, accumulé tout ce qu’il trouvait dans un espace qui se réduisait avec les années. Je passais mes vacances chez lui avec ma tante. Le reste du temps, je vivais chez maman. Rien dans le frigo hormis des victuailles post coïtales: vin rouge, foie gras, caviar…. J’ai grandis avec une seul  idée en tête: ne pas ressembler à mes parents. Ma tante mourut brusquement le jour de mes vingt deux ans. Je n’avais qu’une seule peur assez bizarre, qu’elle m’apparaisse en spectre. J’arrivais à trouver le sommeil en me remémorant le fait que Victor Hugo qui avait tenté toutes les méthodes paranormales, n’avait jamais réussi à rentrer en contact avec Léopoldinne, sa fille décédée. Le jour de l’enterrement de ma tante, je comptais deux ans de vie commune avec Stéphane. Notre couple semblait parfait. Seulement, la vérité était plus compliquée. Stéphane vouait un culte à sa mère et moi, écrasée par le poids de belle-maman, je dérivais. Au lieu, de nager jusqu’au bord, je me noyais petit à petit dans notre quotidien. Le départ de Stéphane a fait l’effet d’une bombe dans ma vie. Je suis devenue une autre personne, bien que toujours accompagnée de mes névroses favorites. J’apprenais à exister comme une jeune femme adulte dans ma ville de province. A présent, je me décharge dés que je peux de toutes  responsabilités. Je ne traîne plus aucun boulets, ni parents envahissants ou amis pot de colle. Je n’ai pas de voiture, je me déplace uniquement en vélo  pour éviter toutes sortes d’emmerdements. Ma gardienne en échange de cours d’anglais, nettoie et repasse mes vêtements. Je pose également dans un atelier de peintre comme modèle. Certains diront que je n’ai aucune ambition et ils ont sans doute raison. Je me contente de peu. Mes seules occupations se résument à disposer suffisamment d’anecdotes croustillantes à raconter à mes amis, dénicher la robe noire introuvable et trouver un mec. Le mec de préférence beau et riche.

 

Il n’y a que trois personnes que je considère comme des amis, les autres servent à remplir mon répertoire téléphonique pour briller en société. Deux filles et un homme qui réussissent à rendre mon quotidien supportable. Christophe est perpétuellement célibataire. On ne voit jamais ses conquêtes hommes ou femmes pourtant il en parle sans pudeur à grands coups de détails intimes. Je les rencontré dans une file d’attente en faisant mes courses. Christophe gère l’image d’un groupe de luxe Italien. Il a une philosophie précise : jouir de tout, tout le temps avant d’être anéantie par la terre. En faite, il est membre d’un groupuscule qui se réunit régulièrement pour débattre de l’avenir de la planète. Il pense que la terre est un être capable de se protéger des microbes humains que nous sommes, par des catastrophes naturelles en chaîne. C’est assez hilarant de le voir, stoïque et en fourrure, balancer ses certitudes à un dîner. Muriel et Daphné partage mon amour pour ce drôle de type qui se déplace en Vespa et en avion entre Paris et Milan avec une halte dans notre ville provinciale, Montpellier. Muriel est ce que l’on appelle une femme parfaite. Mère d’une fillette, elle mène tout de front sans se plaindre. Elle travaille dans la finance, vote à droite comme ses collègues et aide son prochain. Elle mange uniquement du blanc de poulet parce que c’est propre après une heure d’abdos fessiers. Muriel est la femme que toutes les autres détestent et admirent. Muriel est blonde, Daphné est brune. Daphné pense que libre est le synonyme du mot heureux. Elle est fonctionnaire et vote à gauche comme son père. Elle ne veux pas d’homme dans sa vie mais entretiens une relation ambiguë avec son colocataire. Nous avons en commun de fréquenter le même milieu et de vénérer tous les trois la superficialité. Avec un seul dogme, vivre légèrement. Ce qui veux dire accepter d’être tiraillé par les contradictions. Etre capable de vivre une relation basée sur le plaisir et oublier le sens de l’amour sincère et fidèle. La vie d’un superficiel est par essence compliquée. Je préfère me concentrer sur cette robe qui me fait des fesses magnifiques plutôt que sur la misère dans le tiers monde. D’ailleurs, l’expression « tiers monde » est depuis longtemps désuète, la preuve que des personnes sans occupe mieux que moi. Je leur laisse avec plaisir cette partie du monde. La superficialité est mon cocon, je prend le partit de penser que les personnes qui prétendent savoir ce qui est meilleur pour moi, son jaloux de mon manque de sérieux. Je ne tri pas mes déchets, je ne le raconte à personne. Je reste discrète, je mens et m’épanouis avec mes semblables dans le paraître. Je n’ai pas toujours était comme ça. J’ai défendu les Lémuriens un jour. J’ai payé à coup de chèque à deux zéros, des barbelés pour empêcher les populations miséreuses de braconner ces animaux hideux et par conséquence je les ai privé de nourriture. J’ai appelé ça le syndrome Lémurien. J’ai préféré en rester là et ne plus sauver personnes… 

 

 

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Ramu 01/11/2010 10:51


J'aime beaucoup,ainsi que la Sacher Torte et le poulet au Coca.Bonne journée.