Chapitre V La métaphore du Chat

Publié le par regimesettartines.over-blog.net

Cette nuit là, j’ai rêvé de chat. Mais pas de jolie minou au coin du feu mais des chats sortis de Manga des 80’s. Je déteste les chats. Des chats géants assis sur la terrasse du balcon. Ils avaient d’énormes yeux et chantaient. Des notes de musique leur sortaient des oreilles. En me réveillant, je n’ai pas trop compris mon rêve. J’avais juste l’impression de sortir d’une énorme nuit de beuverie. Mais qu’est ce qui cloche chez moi ? Je me lève. Je vais dans la cuisine. Je jette le paquet de tisane dans la poubelle et me fait un vrai café. J’appelle les filles en piétinant mes dernières oeuvres. Petites précisions, le monde artistique ne manque rien, j’étais dans ma période patchworks. On se retrouve dans un café à 11h00 du matin à prendre un apéro rétro avec cacahuétes et anisette. On parle, on rit, on boit, on discute, on boit, on boit beaucoup…J’en vient a parler de ma soirée et de mon rêve étrange. Daphné, grande cartomancienne devant l’univers, me donne sa version. « Ben, écoute, sa veux dire un truc tout ça». Elle hésite un moment, le regard inquiet et reprend « tu te sent épié et tu n’oses pas faire quoi que ce soit parce que tu as peur de décevoir les autres, mais qui sont les autres ? ». Elle a raison ma copine bourrée. C’est décidé, je mène la vie qui me rend heureuse dans l’instant et le reste je m’en balance. J’assume ma superficialité. Arrivé chez moi l’introspection continue. Je prends un mixeur imaginaire. A cet instant, si le lecteur me comprend, il doit s’inquiéter. Ajoutons un soupçon de Marie Poppins, d’univers Tuperware, de tapisserie fleurie. Additionner à cette mixture un paquet et demi de café, un demi litre de vodka, des kilos de décibels de son mixés. Terminer par une irrépressible envi de trouver le prince charmant et celui de profiter au maximum de mes jeunes années. Vous obtiendrez Laïsse et ses dix mille contradictions… Je suis irrécupérable. J’en ris, c’est déjà pas mal mais je suis malheureuse. Le téléphone sonne, j’espère encore une fois avoir Amedeo au bout du fil mais c’est Daphné. Je suis déçue, je sanglote et j’avale un pot de Nutella entier sans cuillère. Il est 19h00, je suis couchée sur le lino gris de la cuisine, écoeuré par la vie et un peu par le chocolat…C’est décidais, j’oubli cette imbécile par tout les moyens.

 

Le lendemain, j’avoue au téléphone ma tentative de suicide à la pâte à tartiner à Daphné. Elle débarque aussi sec chez moi. Elle me pousse à appeler mon « joker », Shaïm. J’opte pour le sms convivial « salut, sa va ? Tu deviens quoi ». Shaïm me répond prestement, « cool, passes chez moi, emmène des capotes ». J’adore ce type. La suite est simple. Je bossais la journée, j’enchaînais apéro, restos, sortis en boîte. Je savais que sa n’allait durait qu’un temps mais j’appréciais. Je rencontrais d’autres personnes. Une nuit, ou je dansais avec un grand noir et un petit blanc flanqué d’une énorme perruques afro blonde, je surprendre Shaïm entrain de rouler une pelle à une blonde qui avait sans doute oublié de mettre une jupe. Quand il a dénié arrêter de fourrer sa langue dans ce truc tout maigre pour boire du champagne au goulot, il m’a remarqué. Il est venu vers moi en titubant, je les rattrapais dans mes bras. Il sentait un mélange de vomis et d’alcool, nous avons dansé et j’ai fini à la place de la blondasse délaissée, ma robe bustier en moins. Après, le troue noir qui fait mal à la tête et très peur à sa vertu quand on essaye de se remémorer. Je me suis réveillée dans un appartement suffisamment grand pour héberger la population des îles Paracel. Sur la pointe des pieds, je me faufile à la recherche d’une sortie. Une voie m’arrête dans ma lancé « tu vas ou comme sa chipie? », c’est Shaïm. Il me propose un café, je décline d’un timide signe de tête. Il continue «  t’as rien fait d’horrible hier soir, aller juste un café fait pas ta mijorée pour une fois ». Je ne pense pas que l’on est la même définition du mot horrible, lui et moi. J’accepte finalement son invitation, j’en profite pour le questionner : « on se trouve dans la cuisine de qui au juste ? ». En faite, on est chez son meilleur pote, producteur de son état. J’imagine qu’il ne doit pas être comptable. Cet ami est une connaissance de Muriel. Il produit des artistes chevelus super branchés. Finalement, j’ai passé la journée avec Shaïm à me balader dans les rues et à rire. Comptons ! Si on additionne le nombre de rire dans la semaine, à la bonne humeur communicative de mon amant, on obtiens le résultat suivant : 24h00 sans pensé une fois à cet enfoiré d’Amedeo. La vie est cool.

 

Le lendemain, Daphné et Muriel m’ont données rendez-vous pour une mise en bouche culturelle dans une galerie « éphémère ». Sur le chemin, je reçois un message d’Amedeo. Applaudissez moi ! Congratulez moi ! Je ne l’ai pas lu. Dans un premier temps, j’ai cru que j’avais loupé la galerie, trop obnubilé par ma première étape de rehab. Je suis revenue en arrière concentrée sur la lecture de chaque numéro de porte et à priori le numéro 14 correspondait bien à cette vielle maison. Je monte les trois marches pour sonner à la porte. Natacha, hôtesse de l’air m’ouvre… Elle ressemble en chair et en os, à la pin-up de la bd du même nom. Blonde, petit chapeau bleu, chemisier quasi transparent et micro jupe, le tout accessoirisés d’un badge en forme d’avion posé sur son sein gauche. Elle m’interpelle « Bonjour, bienvenu sur le vol 412, veuillez me suivre », elle me tend ce qui doit être le catalogue de l’exposition. C’est l’information de la soirée, je suis bien dans une galerie et pas dans le tournage d’un film porno « Natacha s’envoi en l’air »… je réprime un gloussement. Elle me fait signe de m’installer sur un fauteuil qui se trouve dans une grande pièce vide et sombre. Je distingue des personnes autours de moi. Les fauteuils avec des ceintures, sont disposés comme dans un avion avec deux allées. Je suis à côté d’un type tout chauve qui a la place près du l’hublot. Je n’ai jamais le hublot moi!  Deuxième gloussement. Un bruit assourdissant, nous fait comprendre que l’on commence le décollage. J’angoisse qu’un mec déguisé en gorille sorte de la pénombre pour nous flaquer la trouille. Pas de singe mais de la lumière. La pièce est décorée à la manière d’une cabine de boing, moquette moche, portes bagages... Tout le monde reste sérieux. Natacha et deux autres de ses copines, nous montrent les gestes à accomplir en cas d’accident. Silence. Une d’entre elle annonce la durée du vol et la projection du film tandis que les deux autres passe dans les allées avec des chariots pour nous tendre des plateaux repas. Chouette de la bouffe et de l’alcool : un verre de champagne et des toasts. La pièce plonge dans le noir. Le film commence, le champagne est bon. Il présente le travail de l’artiste. La pièce s’illumine petit à petit. Les gens débouclent leur ceinture. Une porte s’est ouverte. Le groupe se précipite vers la sortie mais la porte est bouchée par un voilage noir fendu. Un mec du groupe passe au travers et disparaît. Je décide de l’imiter. On se retrouve dans un long couloir noir éclairé par des centaines de diodes bleu accrochées au plafond. Le couloir est un cul de sac mais le mur gauche à un passage en forme de trou de souris. On doit se baisser pour y rentrer. Premier sasse noir et second passage, une porte avec un écriteau « un après l’autre ». Je suis curieuse, j’entre. Je tombe dans une sorte de grotte verte. Les murs sont recouverts de moquette imitation gazon anglais, le sol de lino rose bonbon et au centre la première œuvre de l’artiste, un lapin blanc géant embellie d’un collier rouge et d’une médaille « je nique Alice et son pays merveilleux ». Je suis complètement navrée. Une voix de gare me dit de sortir de la pièce. Passée la nouvelle porte qui avait pour poignée une théière, je me retrouve avec d’autres visiteurs. La salle est sombre puis brusquement allumée par une lumières blanches et agressive. Un homme est sur un plot, il nous regarde. Il est nu, obèse et chauve. Il met des lunettes de plongée puis empoigne un tuyau d’où sort de la peinture. Il s’asperge avec. Une alarme angoissante sort de tous les murs. Une nouvelle issue s’ouvre, on se dirige vers la lumière. Nouvel espace, blanc, avec des mots en majuscule noire et des feuilles de magasines érotiques sur le sol. Je suie le groupe à travers les escaliers. Nous tombons, à l’étage, sur une énorme fête. C’est un salon, j’aperçois les filles. Daphné, me questionne « alors tu en dis quoi ? » et m’explique qu’à l’étage, il y a une chambre, une cuisine et une salle de bain. Je m’y rends avec elle. Dans la chambre, un couple sous les draps entrain de faire l’amour et les œuvres de l’artiste sur les murs. On les regarde en essayant de ne pas faire attention à ce qui se passe sous la couette. La chambre est cosy et décorée avec goût. Une chambre en somme, éclairés par deux lampes de chevets. Daphné m’explique que sous la couette c’est un mécanisme. C’est un dispositif. Dans la cuisine, des vrai gens entrain de visiter et une jeune femme pyjama. Elle boit un café, il y a des biscottes, du jus d’orange et des packages des 60’s. Une télévision de la pièce diffuse des réclames américaines. La salle de bain est jolie. Rien hormis un message écrit sur la lunette des wc, suis-je de l’art ? « C’est du déjà vu », me lance Daphné d’un ton très « rive gauche ». Elle me fait signe de regarder dans la baignoire. Il y a une poupée gonflable noyée dans l’eau du bain et un poulpe mort. Le but de tous ces efforts sert à remettre en cause la façon de penser l’art de façon traditionnel. A force de se poser la même question dans toutes les galeries d’art contemporain que je fréquente, La Joconde en redevient presque avant-gardiste. A présent direction le salon, ou se trouve la fête. Le mobilier est simple : des canapés, des rideaux en velours pourpres, des moulures au plafond. Voila pour la normalité. Pour le côté ambiance, des serveuses déguisées en hôtesse de l’air secoue des cocktails sur un gigantesque bar blanc, des plots sont posés un peu partout et des gogos danseuses en string font ce pour quoi on les paye dessus. Au centre de la pièce, un aquarium géant avec des faux poissons et des canards vibreurs, quelques poissons rouges. Sur le sol des capotes dans leur étuis roses, des confettis doré et argentés. Les gens complètent le décor, il hurle « déchéance » quand la musique s’arrête. Ils sont tous très bien habillés, beau et tendance. Le DJ est sur une espèce de mezzanine avec plein de filles en maillots qui organisent une bataille d’oreiller. C’est chou. Un mec déguisé en mickey pervers se balade et pince les fesses des filles. L’artiste est entouré de sa cour. Un peu à la manière d’un gourou, des groupies lui lave les pieds. J’en profite existée par l’ambiance pour me lâcher. Je danse, je bois et je baise avec le premier venu dans sa voiture. L’expo à pour tire « décadence de l’empire humain ». Le lendemain, réveillée par l’aube dans une voiture et un inconnu sans pantalon à côté, je décide « plus jamais ça ». Autant réglé mon problème avec Amedeo pour éviter que ce genre de stupidité ne se reproduise. Je lis son sms reçu la veille, le message est vide. Un peu comme moi…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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