Chapitre VI Mon tarzan à 40 ans

Publié le par regimesettartines.over-blog.net

Une fois, bien dans ma tête, j’avais prit l’habitude d’aller écrire dans le café qui faisait l’angle de ma rue. A l’intérieur, tout sentait le vieux filtre usagé. J’adore ce moment de la journée ou je me libère de toutes mes pensées. Je les laisse glissées sur les touches de l’ordinateur. Ce que je viens d’écrire est digne d’un journal intime d’une jeune fille collectionneuse compulsive de dauphin bleu. Sa me donne envie de vomir, c’est tellement pas moi, quoi que… C’est temps-ci, un homme qui pourrait être mon père, passe son temps à me dévisager. Je ne peux même pas dire à quoi il ressemble mais ses yeux m’obsède, je sens qu’ils me fixent. Un peu à la manière du fakir dans Tintin. Seulement, il me déconcentre et je n’arrive pas à écrire, je me tortille sur ma chaise et racle ma gorge pour lui montrait mon agacement. Mais rien n’y fait, il continue à me provoquer. Monsieur veux jouer alors jouons. Sauf que finalement, ce n’est pas moi qu’il regarde mais la fenêtre derrière moi qui donne sur la rue. C’est la première fois que je le regarde vraiment. Il est brun, ces yeux sont verts, c’est cheveux sont mi-long, un peu ondulés. Il est barbu et tient dans sa main droite une paire de lunette à monture noire. Sur son dos, une simple tunique grise. Oups ! Cette fois ci, je suis repérée. Je fais l’autruche, persuadée d’être cachée derrière l’ordinateur. J’entends de la monnaie balancée sur le zinc. Sa tête parait derrière l’écran, je regarde au dessus de mes lunettes. L’homme en question me demande « il y a le wifi ici ? ». Je lui répond par un signe de tête positif et continue d’écrire. Il me remercie et continue par « jolies lunettes mademoiselle ». C’est stupide mais sa remarque m’a donné le sourire pour la journée. Je le retrouve à la même place, une semaine plus tard. L’inconnu du comptoir porte une chemise blanche et un jean noir, il doit habiter le quartier pour fréquenter mon bar. Cette fois ci, je change d’approche. Je n’ai plus envi de lui crever les yeux mais de lui faire les yeux doux. Il est un peu vieux pour moi mais il me plait. Je vois d’ici les remarques de Daphné, « si sa c’est pas oedipien, je veux bien me faire mordre par mon voisin ». Je ne me suis jamais demandée, si j’aimais ou pas les hommes murs. Lui me plait. J’ai mit une petite robe baby dol bleu roi avec une longue écharpe bleu gris. Je porte des escarpins gris qui me font de jolies jambes. En tout cas, il m’a remarquait. Je fais semblant de rien et commande un cappuccino à la mousse de lait. Il joue avec le sucre prés de sa tasse et sourit en le regardant. Il le sait. Je suis séduite. Il est mince, a vu de nez, une taille 38. J’aime. Shaïm était aussi filiforme. Je suis perdu dans mes souvenirs d’amants à poil quand sonne le glas de la disparition du beau monsieur : le bruit de la ferraille sur le comptoir. Je feins de ne pas le remarquer mais je le  regarde partir avec une petite moue. Je dois faire des courses. On a prévu un pétage de plomb caloriques entre copines. Je n’ai pas vraiment le temps d’aller remplir un caddie de bonbons et de chocolat au temple de la consommation qui se trouve trop loin de chez moi. J’opte pour la superette en bas, plus chère mais plus conviviale. Et surtout quel éclair de génie, j’y retrouve l’inconnu du bar à la caisse. Je lui sourit et le frôle pour atteindre le rayon sucrerie. Il n’est plus là quand je sors du rayon bonbons. Mon sac est plein à craquer et mon porte-monnaie beaucoup moins. Si on convertit le contenu sa me fait une chaussure, pas une pair, mais un escarpin vu à ma dernière séance de shopping. Je sors de ce gouffre économique qui n’a pas l’air de se soucier de mon pouvoir d’achat. Tiens ! Il est devant moi, il téléphone on dirait. Il regarde derrière lui. Je suis entrain de m’énerver avec les lanières de mon sac, dire qu’il a moins de cinq secondes, je matais ses fesses. Il me propose de m’aider mais je décline en lui expliquant que j’habite tout prés. Je mordille mes lèvres en regardant le sol. Il marche prés de moi. Il a une de ses classes ! Je m’arrête devant la porte de mon immeuble, ou je pose mes courses pour chercher mes clefs. Et très spontanément, je lui demande « je vais boire un café dans notre bar, on se rejoins dans dix minutes, si ça vous tente ? ». Il ne décline pas.

 

Je le retrouve comme convenu. On est assis à une table, on parle de lui et de moi mais je ne connais toujours pas son nom. Il est architecte, célibataire et pas du tout halluciné par le fait qu’une fille de mon âge l’invite à boire un café. Sa c’est pas bon signes, sa sent le séducteur. Le temps a filait, les filles ne vont pas tarder, je dois m’en aller. Je lui explique la situation. On se lève en même temps et il va payer au comptoir nos deux noisettes. On se fait la bise devant le bar, l’hiver est presque là. La pénombre est partout, ce qui donne une atmosphère assez romantique. Il me prend la main et se présente. « Je m’appelle Arthur au faite, j’habite au numéro 4, tu passes demain en fin d’après midi ?». Je réponds aux présentations par un petit « oui » incontrôlé qui s’échappe de ma bouche. Il part de son côté et moi du mien. Le contact de sa main sur la mienne fait battre mon cœur à la chamade…je sais de quoi on va parler avec Muriel et Daphné, ce soir.

 

Le lendemain, un peu bouffie par ma nuit blanche, je vais sonnée chez Arthur. Il habite à moins de quinze minutes de mon appart’. Je porte une robe assez ample noire à grand décolleté et des bottes sans talons marron. J’entends dans l’interphone « salut toi, monte, 2eme étages, la porte beige ». Son appartement est immense, lumineux et décoré avec goût. Il y a des bouquins partout. Arthur, on l’appellera ainsi puisque désormais nous sommes assez familier, me fait visiter. Arrivé dans sa chambre, il insiste lourdement sur les mots « voici ma chambre ». Je fais mine de ne pas être dupe. Monsieur va vite comprendre que je ne suis pas comme ça. Il prend un peu de distance. On fini assis prés de la cheminée. Tout est trop romantique. Il s’allonge sur le dos, je suis assise en tailleur. Il se relève et passe son bras derrière moi. Il me regarde avec la tête légèrement inclinée. Je l’embrasse. Il attrape mon visage entre ses mains, et me fait glissé sur le tapis. Il est allongé sur moi et continue à m'enlacer. J’ai beau de ne pas vouloir passer à la casserole, je n’en puis plus de désir et me laisse entièrement aller au plaisir. Ca y est, je suis amoureuse comme à chaque fois que je viens de faire l’amour. Il attrape son jean qu’il enfile sans caleçon. Je me dis intérieurement : il t’as eu, tu te rhabilles ma belle et tu te casses avant de tomber dans la spirale, il ne me rappelle pas, j’avale le pot de confiture et  Daphné viens me consoler. En faite, il revient avec un plaid en polaire blanc qu’il pose sur moi et me rejoint sur le tapis après avoir allumé une clope. Il m’embrasse et c’est partit pour un câlin, puis des jolis mots qu’il déclame tel un Chateaubriand vieillissant et démodé. Je rigole un peu moqueuse. Il me taquine sur mon âge. Il est plus que l’heure de dîner, il me propose de rester. Mais je préfère y aller doucement et refuse gentiment sa proposition. Sur le pas de la porte, il ne me laisse pas partir. Je rentre quand même des papillons dans les yeux.

 

Nous avions échangé nos numéros et le lendemain de notre après midi d’amour, il m’a envoyé un message : « ma petite puce s’est allé très vite, j’ai envi de te voir, passe chez moi si tu veux». C’est trop mignon. Je l’appelle pour que lui se déplace chez moi après mon boulot. En arrivant, cette enfoiré à acheter des fleurs. Plus encore que le sms de ce matin, un bouquet de pivoine. Pendant que j’œuvre côté cuisine, salade landaise et dessert au chocolat, il fait le tour du propriétaire. Il trouve mon appart’ vraiment sympa, c’est ses mots et en particulier les deux nus dans ma chambre et poursuit « c’est toi ? ». Pas la peine de polémiquer, j’avoue et rajoute deux mots sur l’histoire des toiles « l’artiste est un ami, Amedeo Perez, j’ai posé pour lui ». Il me demande accoudé au bar en face de moi avec une voix coquine « vous étiez amant ?» et à moi de rajouter « non et oui, fin de la discutions ». On mange, il se confit un peu plus et moi, pour éviter qu’il s’enfuie, j’évite d’en dire trop. Arthur a été marié une fois. La soirée se passe, on se fait du pied. Le matin, ce qui ne m’était pas arrivée depuis très longtemps, je me réveille dans les bras d’un homme qui n’a pas la gueule de bois. L’un tourné vers l’autre, on se parle doucement et Arthur m’avoue au bout de deux jours : « je tiens à toi Laïsse » et pour la première fois de ma vie, je ne cache pas mes sentiments et dans la logique je lui répond « si on faisait des pancakes ? ».

 

Après, Arthur a dut partir une semaine dans les caraïbes pour finaliser la construction d’un hôtel. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possible comme dirait maître P sous la plume de Voltaire. Sauf qu’Amedeo réapparut dans ma vie  en me laissant un message sur ma boîte vocale « tu penses qu’on peux se voir pour parler ? », j’ai répondu par sms « quand tu as le temps ». C’est juste un ami, je les tellement répété dans ma tête pour m’en convaincre, qu’au final, j’étais plus du tout persuader d’y croire. Arthur est rentré et notre idylle à continuer comme si de rien n’était. Je squattais régulièrement son appartement qui sentait bon le pain grillé et le patchouli. On débouchait une bouteille, on faisait la cuisine ensemble et la vaisselle devenait un exercice plaisant. C’était presque trop. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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