Chapitre III Amadeo, mon ami

Publié le par regimesettartines.over-blog.net

Pas facile quand la personne sur qui vous compter le plus, vous envoi un message du genre : « je débute une nouvelle vie, je suis débordé, je pense que ta séparation avec Stéphane était la meilleur des solutions, bonne continuation ». On attend sur le coup beaucoup plus de compassion de la part de son meilleur ami.

 

Amedeo est un peintre, qui commence à prendre du poids sur la scène artistique française. Je l’ai rencontrée à la bibliothèque universitaire section beaux-arts. Nous avons rapidement sympathisé et j’ai commencé à poser pour lui. Nous avions chaque un nos vie que nous exposions fièrement. Lui, une belle brune à deux doigt d’être mannequin et moi, Stéphane à un pouce de la rupture. Physiquement, il tranche avec le style de Shaïm pour vous situer mon idéal masculin. Il est blond, aux yeux bleus. Un peu voûté, il semble porté toute la gentillesse du monde sur ses épaules. Des épaules larges, presque réconfortantes qui laissent deviner une musculature sympathique sous ses t-shirts sans formes et délavée. Quand il fronçait ses sourcils, il provoquait chez moi la même chose que chez une dépressive célibataire de quarante ans quand un bébé chat joue avec une pelote de laine. La combinaison de ce truc et la moue que faisait sa bouche fine sur le dessus et pulpeuse sur le dessous, me faisait des chatouillis dans tout le corps. Après sa rupture avec madame ana, nous ne nous sommes plus quitté. Pendant un an, nous avons tout partagé : table au resto, banquette en boîte de nuit et lit. Ils n’étaient pas rares qu’on nous prenne pour un couple. A la différence prés qu’on ne se disputait pas pour savoir qui aller descendre la poubelle et détail majeur, on ne faisait pas l’amour. Quand il partait pour exposer dans une autre ville, il m’appelait de longues minutes en terminant son appel par au hasard « tu me manques » ou « je pense fort à toi ». Quand on sortait juste boire un verre et que l’on rentrait tôt, on se retrouvait sur le net jusqu’au petit matin. Plongée des nuits entières, avec lui, dans un autre monde, protégé par l’écran, on se laissé allé à des confidences de plus en plus personnelles. La situation restait claire dans ma tête. On jouait. Nos échanges par écran interposé devenaient de plus en plus intimes. Je ne sais pas lequel des deux à commencer mais de phrases troublantes à carrément cochonnes, j’ai commencé a avoir envie de lui et la chose était apparemment réciproque. J’aime cette situation, prolongé le moment de séduction et d’attente avant la première caresse. Je donnerais n’importe quoi pour revivre ces instants passés avec lui mais si je reviens sur tout ça, c’est pour évoluer et passer à autre chose. On ne peut pas rester continuellement dans le même état.

 

Bref, à ce moment T, je suis en pamoison devant Amedeo mais avec Stéphane. L’été est arrivé, on se voyait  uniquement dans son atelier. Comme si nous avions quelque chose à cacher. Je ne partageais plus rien d’autre avec Stéphane que mes factures et mon papier toilette. La plupart des filles auraient quitté Stéphane pour Amedeo. J’y ai pensé mais c’était ce confronter à la réalité. Un soir, après une heure à s’échanger des sms très bouillants, on se croise dans mon quartier. Certain aurait profiter du hasard de cette rencontre pour avouer  à l’autre ses sentiments et concrétiser la chose. Nous n’étions pas de ce genre. J’ai rougit, il a baragouinait deux mots et nous sommes rentrés sagement dans nos appartements respectifs. Cette nuit là, je n’ai pas fermé l’œil. Au petit matin, j’ai allumé mon PC et j’ai posté un mail à Amedeo : « j’ai envi de toi »

 

Le résultat ne fut pas à la hauteur de mes espérances. Quinze jours sans nouvelles. Après des heures de lamentations aux téléphones à déverser ma souffrance émotionnelle à mes trois amis fidèles et pour en finir, ils m’ont obligés à sortir. Manque de pot, le vernissage où je devais me rendre était celui d’un ami d’Amedeo. Lequel m’a ignoré toute la soirée jusqu’à mon départ. J’étais venue en vélo. Après avoir saluer devant la galeries mes amis avec ma plus belle moue d’enfant abandonné qui laissait présagé d’autres heures de jérémiades téléphoniques, Amedeo m’a bousculé pour passer. Il ne m’avais pas vu puisque trop occupé à embrasser une ravissante blonde perchée sur des talons rouge. Non mais ! Des talons aiguilles rouges, quelle vulgarité quand même ! J’ai à peine essuyé une larme pour bondir sur mon vélo. Amedeo avait eu le temps de raccompagner sa jolie conquête dans son taxi. Ravi de lui, il a fini par me remarquer entrain de me battre avec mon antivol. Mon nom est sorti de sa bouche de façon incontrôlé « Laïsse ». Comme un tricheur prit sur le fait, Amedeo s’empressa de me donner une explication « je la voie depuis un moment, c’est pour ça que je n’ai pas répondu à ton message ».  Il reprend sa respiration « et puis, pour toi, je suis juste un hobbi, elle, elle est célibataire et puis… ». Il respire fort de nouveau « et puis tu imagines si ça se passe bien entre nous, je veux dire plus qu’amicalement, on fait comment après ». Je le regarde par-dessus mes lunettes, le visage fermée « en faite, tu aurais put m’écrire, me donner une explication, tu es resté silencieux ». Le temps tourne à l’orage. Amedeo me prend la main « viens dans ma voiture, on doit parler de nous, c’est sérieux ». Je soupire en fermant les yeux « désolé, je dois y aller ». Au moment où je fais mine de partir, il me prend dans ses bras. Il me serre fort puis me lâche et tourne les talons. En rentrant sur le chemin, j’ai fredonné la musique du générique de Dallas. La suite de mon histoire est plus compliquée qu’une série Américaine. Peu de personnage mais toujours autant de dégoulinades émotionnelles.

 

Quinze jours plus tard, je reçois un sms. « Tu viens prendre le café ? ». Je lui balance un message idiot « ok, j’arrive avec Stéphane d’ici quinze minutes, sa te vas ? ». Il me répond « l’atelier est trop petit pour trois, laisse tombé». Le soir même je le rejoins dépitée dans son atelier, rien ne va dans ma vie. Je me sens moche, je viens de me disputer avec la mère de Stéphane. Je ne suis pas maquillée. Je porte un foulard noir noué sur mes cheveux mais Amedeo trouve sa jolie. Je me soulage sur son épaule en déversent des flots de paroles. J’attaque directement à la vodka et il me suit. On se plaint, on en vient à détester la terre entière. On rigole. Il est déjà très tard. Le temps passe si vite quand on est ensemble. Je suis à ma place sur ce sofa pourrit de peinture. Je le pousse, je le rattrape. On se chamaille, nos peaux se frôlent. Il éteint la lumière. La chaleur monte. Il lorgne sur mon décolleté jusqu’à plonger littéralement le visage dedans. Plus rien, on se calme dans le noir. On recommence à se chercher gentiment. Je me lève pour chercher de l’eau dans la petite cuisine bleue qui jouxte l’atelier. Il met la radio en sourdine. Je le rejoins sur le sofa et brusquement, il m’attrape à la taille. Il me dit « le jeu est de ne plus bouger, tu es chatouilleuse, si tu me fais confiance et que tu ne bouges pas… ». Jamais entendu parler de ce jeu et même pas compris la règle mais sentir ses mains sur moi est divin. On reste immobile dans la nuit. Ses gestes amicaux se transforment en caresses. Ses mains glissent sous mon t-shirt blanc. J’ai l’impression d’être dans une bonbonnière de coton. Je suis nue. On fait l’amour. L’aube laisse entrevoir la réalité du quotidien. Je me rhabille et il me ramène dans un silence d’après bataille. Je suis heureuse. Je lui envoi un message « ça ne compte pas mais tu me manques ». Réponse une heure plus tard de l’intéressé : « toi, un peu ». A noter, que le sofa est le fil conducteur de notre histoire. Elle a débuté sur un sofa à la section beaux arts et s’est terminée sur un autre décoré à la Pollock. Une histoire de canapé en somme.

 

 

 

Le lendemain, très peu de temps avant que Stéphane me quitte, Amedeo passe à l’improviste. Stéphane est absent, il doit dormir chez sa mère. Assez vite, Amedeo m’a prit dans ses bras, me lâche pour me prendre la main, ou me caresser le dos tout cela pendant de longues heures. Il était 4h00 du matin quand il s’est levé pour partir. Sur  le pas de la porte, il me regardait gêné. Il a fini par m’interroger sur mes attentes et je lui ai rétorquais paisiblement « tu sais ce que je veux, se n’est pas la peine de le dire si tu ne veux pas le comprendre ». Il est parti, j’ai attendu le moteur de sa voiture assise par terre contre la porte d’entrée, en pleur évidemment. J’aurais dut le retenir, lui criait que je voulais qu’il reste. Le lendemain, en allumant mon portable, un message est apparut envoyé dans la nuit par Amedeo : « Désolé, demain je vais le regretter, je préfère rentrer chez moi ». La suite vous la connaissez. « Je débute une nouvelle vie, je suis débordée, je pense que ta séparation…

 

 

 

 

 

 

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